2021     
Têtes 2002-2019 ❘ 01.05 - 30.05 2021 ❘ Kamer Negen ❘ K9 I Rue Robert Boisacq 9 ❘ 1330 Rixensart ❘ Belgique ❘ ©Gerald von Foris

─  Une toile, une poignée de pigment, une feuille de papier, sans contexte lisible : elles se mêlent, s’enfilent, se tissent, s’unissent, se donnent un sens d’être, d’un être de vie, passé ou à créer. La matière s’ébroue, s’impose, guide et prend forme. Le travail se nourrit de la matière et des matériaux utilisés. Et du silence, du temps, du vide et sa profondeur.

Je ne sais pas ce qui mène à la création de l’œuvre. Vient un moment où l’œuvre est, se présente, muette et informe encore. Je vais à sa rencontre, sans intention ou projet, comme en méditation. Je vis que le sentiment est à l’origine de ce chemin.

Le cœur et le corps traduisent les sens et les sensations et les sentiments. Les mains imaginent des touchers, se souviennent. Les mémoires me guident vers une tête et vers une vie, un être, le construisent. Voient son image et ses profondeurs. Se rencontrent la mémoire de mes mains et la vie des matériaux, mes rêves et le portrait. Mon vouloir est alors infime, si inexistant.

Lorsque mon image de l’œuvre s’efface, nous savons qu’elle est achevée.

─  Am Anfang steht das Gefühl.

Meine Hände erinnern sich der Berührung erahnen sich Identität, erspüren das Fragment einer Geschichte, ertasten verbleichende Spuren. (verblassende Spuren) Ich überlasse mich meiner Hände. (meiner Hände Empfinden, meiner Hände Werk)

Es ist eine Annäherung, ein Überschreiten und Aufspüren. Es ist ein Ertasten, Erfühlen. Ungreifbar.

Ein vergessener Stoff, ein Fetzen Papier, zurückgelassene Haut vermengt mit Erde, Lehm und meinen Träumen, vernäht mit Draht, Faden und Gedärm, gefärbt mit Blut, mit der Leere und deren Tiefen, bemalt mit Rost, Staub und Pigment, behaftet mit Stille und Gefühl und Zeit. Viel Zeit.

Es ist ein in sich hineinempfindendes, tiefes Sehnen, ein unerhofftes Erkennen, manchmal. Dann ist es da, noch stumm und unförmig, wird zur Hülle, zum Kopf, dem Sein.